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On a tous un but dans la vie, non?
Et j'ai cette impression étrange que cette année va représenter un tournant dans la mienne, comme si je le vivais de l'extérieur et que je me rendais compte des changements qui allaient survenir. Dans la petite boule de verre que je secoue, la neige ne tombe pas droit, elle valse, comme portée par le vent. Et le bonhomme de neige en son centre semble me sourire d'un air interrogateur.
Et si je ratais mon tournant? Et si je me rétamais dans le virage? Si je me prenais le mur d'en face dans la gueule?
Et si l'année s'arrêtait demain, avant même que je ne sache ce que ça représente? Je pensais avoir déjà fait mes choix l'année dernière...
Vous connaissez le tarot? Non, pas le jeu de carte, le vrai tarot, celui sensé nous dévoiler notre avenir, nous aider à prendre les bonnes décisions, à faire les bons choix.
Il y a quelques années, en me tirant les cartes, ma belle-soeur a vu des choses que moi-même ne soupçonnais pas encore, qui se sont aujourd'hui réalisées. Se sont-elles réalisées parce qu'elle les a vues, ais-je inconsciemment axé ma vie en fonction de ce que les cartes disaient? Est-ce le fruit du hasard ou est-ce réel?
Je ne sais pas ce que je préfèrerais croire. Avoir une certaine aide dans la prise de décision ne serait pas de refus, mais j'ai du mal à admettre que nos vies soient écrites à l'avance. Dilemne, comme toujours
Quoiqu'il en soit, depuis ce jour, j'ai appris à tirer les cartes, moi aussi. Pas à merveille, mais les rudiments, les tirages les plus fréquents. Je ne l'avais jamais essayé sur moi jusqu'à il y a trois jours. Et je ne sais pas... Depuis, il y a ce sentiment d'un tournant décisif qui approche, comme si il me fallait dès aujourd'hui prendre réellement ma vie en main, comme si soudain mes choix allaient avoir un impact sur l'ensemble de mon existence.
J'ai cette impression bizarre que si B. et moi restons ensemble cette année, alors ce sera pour longtemps. Mais c'est une autre histoire...
Et pour passer du coq à l'âne, il neige, ici à Avignon. Comme il n'avait pas neigé depuis des années, apparemment. Depuis hier, les routes sont presque impraticables et le premier jour des soldes a été une véritable catastrophe. Vides, les magasins, pleins, les portants de vêtements. J'ai mis plus d'une heure à faire les 6 malheureux kilomètres qui séparent mon appart du bureau, dû annuler une soirée cinéma qui s'annonçait super et attendre ce midi pour fureter un peu dans quelques magasins. Qui a dit qu'il ne neigeait jamais, dans le sud de la France?
Comme quoi, les choses que l'on tient souvent pour normal virent à l'absurde, certains jours. Parce qu'hier, tout était comme endormi, recouvert d'un manteau de neige, et les piétons avançaient plus vite que les voitures. Hier, les routes étaient blanches et les nuages gris. Pendant une seconde, j'ai cru que les anges s'étaient trompés, qu'ils avaient retourné le miroir et qu'on marchait en plein ciel, les pieds s'enfonçant dans la douceur cotonnée des nuages, le bitume au-dessus de nos têtes. Vous croyez que les nuages sont aussi froids que la neige, vous? Je préfère penser qu'ils ont la substance de la barbe à papa, en moins collant. Sinon les étoiles y reteraient attachées lorsqu'elles les traversent, et perdraient leurs repères dans l'immensité du ciel. Leur voisine de gauche disparaîtrait et les constellations ne nous guideraient plus la nuit.
Et cet après-midi, je suis seule au bureau, personne n'ayant eu le courage de braver le verglas pour venir travailler. Remarque, je ne m'en plains pas, j'avance à mon rythme, je m'accorde une pause pour vous écrire, je ne vais pas tarder à rentrer retrouver le confort douillet de mon canapé, me planter devant la télé avec une bonne tasse de café fumant et attendre que le soleil se couche.
Vous savez, ce tournant dont je vous parlai. Peut-être qu'au fond, ce n'est qu'une question de point de vue. Après tout, si j'avançais sans me soucier des choses à faire ou non, à mon rythme, comme aujourd'hui, peut-être que les choses se feraient d'elles-même.
Si vous voyiez la vue que j'ai d'ici, vous plisseriez les yeux, tellement la blancheur des toits de la ville par le fenêtre est éblouissante. Il n'y a que les routes qui retrouvent peu à peu leur manteau gris et boueux de l'hiver. Et demain ce sera fini, alors j'en profite encore un peu.
Si j'avais le choix, à ce moment précis, je m'asseierais dans le plus confortable fauteuil qui soit. Un fauteuil à bascules, comme ceux de nos grands-parents, devant une baie vitrée immense, un feu de cheminée me réchaufferait le dos et je comtemplerai une étendue blanche à perte de vue, sans aucune trace de pas, sans aucune fausse note...
Je boirai un vrai chocolat chaud, fait avec du vrai chocolat qu'on a doucement fait fondre avant d'y ajouter le lait et de mélanger longuement. Un chocolat chaud tout crémeux, qui glisse tout seul dans la gorge et apporte autant de réconfort que des bras aimants, et je lirai un peu, seule et en silence. Je laisserai peut-être quelques mots sur une page blanche, mais pas sur un clavier. Le bruit des touches risquerait de gâcher le moment. Non, j'écrirai sur une feuille, avec un vieux stylo plume qui me rappellerait aux souvenirs de mes années studieuses.
J'écrirai la perfection du moment et l'apaisement de mon âme, la merveilleuse musique du silence et mon envie d'éternité. J'écrirai ma vie comme je ne l'ai jamais fait, en dévoilant mon âme, parce qu'on ne peut écrire des banalités durant un tel moment.
Puis je poserai tout ça à côté de la tasse de chocolat vide, et je le laisserai là, abandonné à la lecture de celle qui prendra ma place. Je le laisserai là et j'irai courir dans la neige, dessiner des anges en remuant des bras et crier de toutes mes forces, jusqu'à l'épuisement.
Peut-être attendrais-je la nuit, pour vérifier que les étoiles ne se sont pas collées au nuages et son toujours là. Alors, je chercherai la tienne et viendrai te l'apporter.
Il y a des chansons qu'on écoute plus souvent que d'autres. Il y a des chansons qui prennent plus de sens que d'autres.
Quand je suis arrivée ici, perdue dans une ville que je ne connaissais pas, dans une histoire différente de tout ce que j'avais cru connaître avant, il y a eu celle-ci. Celle qui décrivait tellement bien toutes mes peurs. Celle qui, rien qu'en se demandant si j'avais fait le bon choix, me faisait frissonner de l'intérieur. Ces mots qui résonnaient en moi comme si je les avais écrits moi-même, qui pourtant étaient ceux d'un autre.
Aujourd'hui encore, au moindre doute, à la moindre petite souffrance qui me vrille le coeur, c'est celle-là qui revient, en boucle, même si je sais maintenant que ça en vaut la peine, même si je sais que tu m'aimes.
Comme un souvenir, comme un battement de coeur, comme un souffle de peur inexplicable qui parfois refait surface, comme un retour en arrière et la certitude que rien n'est jamais acquis. Souvent la même chanson, presque toujours Saez. Parce que c'est toi qui me l'a fait découvrir et aimer.
Ce soir, au hasard de chansons, elle est passée en fond sonore sur mon ordinateur. Et j'ai eu envie de vous la faire partager, cette chanson qui reflète mon âme et mes peurs autant, je suppose, que les vôtres...
Est-ce que tu crois qu'un jour
Là sur le bas côté
Tu m'laisseras sans rien
Sans rien, que du sable entre mes mains?
(...)
Est-ce que tu crois qu'un jour
Là comme un vieux seigneur saignant
Tu m'laisseras en croix
Eclaté de lumière?
(...)
Est-ce que tu crois toujours
Qu'on peut vivre d'amour?
(...)
Est-ce que l'on tiendra assez loin?
Est-ce qu'il y a quelque chose après?
Est-ce que tu sauras nager loin?
Est-ce qu'on se prend pour mieux se laisser?
(...)
Dis-moi est-ce que tu m'aimes?
Est-ce que tout ça vaut la peine?
(...)
Est-ce qu'on tiendra le chemin?
Est-ce qu'on s'en souviendra après?
Est-ce qu'on ouvrira les yeux demain?
Est-ce qu'on se prend pour mieux s'oublier?
Est-ce qu'on aurait pu s'aimer mieux?
Mieux souffler les braises entre nous deux?
Dis-moi est-ce que tu m'aimes?
(...)
Saez - Des marées d'écume
Tout à l'heure, en discutant avec un ami, il m'a demandé quelles étaient mes bonnes résolutions. Je n'en avais pas, mais ça m'a au moins donné l'occasion d'y réfléchir.
Si je pouvais prendre de bonnes résolutions tout en ayant la certitude qu'elles aboutissent, pour cette année, lesquelles prendrais-je? Qu'est-ce que je me choisirai, comme vie?
Et mes pensées ont joué aux montagnes russes, juste avant que je ne me mette à écrire, les unes annulant automatiquement les autres, leur trouvant tous les défauts du monde pour les rendre inutiles.
J'ai pensé rentrer en Belgique, mais je refuse d'occasionner à B. cette nouvelle déchirure, parce que je crois qu'elle me suivrait et, qu'à l'heure où je commence enfin à m'habituer pleinement à la distance, il serait illogique de repartir, recommencer à zéro, et déplacer la souffrance presque éteinte dans l'autre camp, là où elle aurait toutes les chances de se raviver.
J'ai pensé à quitter mon travail pour en trouver un autre qui soit plus stable, qui me convienne davantage. Mais c'est impossible. L'âge adulte comporte certaines responsabilités qu'il nous faut aujourd'hui assumer. Et puis au fond, je n'ai pas vraiment à me plaindre.
J'ai pensé à changer mais ne serait-ce pas chercher à réduire au silence celle que je suis? Et si cette nouvelle personne ne me plaisait pas? Si à force de me cacher derrière une coiffure parfaite, des fringues dernier cri et une couche de maquillage, je me perdais moi-même? Ce serait pire, je crois, que d'admettre que je resterai toujours imparfaite, pleine de doutes et bien trop sensible. Peut-être faudrait-il simplement que j'apprenne à mon coeur à ne plus se laisser toucher à ce point par des détails, à cicatriser plus vite. Je doute qu'il accepte de se laisser manipuler aussi facilement...
J'ai pensé à ce roman que j'ai envie d'écrire autant qu'il me fait peur. Et si je décidais de m'y mettre sérieusement, et si ça ne marchait pas, et si je n'y arrivais pas, et si il se révélait un énorme désastre, la déception ne serait-elle pas pire encore que celle qui me rappelle parfois que je ne l'ai pas encore écrit?
J'ai pensé à tellement de choses sans en trouver une seule qui ne comporte aucun inconvénient que finalement, je me dis que peut-être mieux vaut apprendre à s'aimer telle que l'on est, à aimer pleinement la vie que l'on a sans se soucier de ses petits tracas quotidiens, à profiter de chaque jour qui passe sans se retourner ni essayer de se projeter en avant. Simplement vivre. Et sourire.
J'ai de la chance, je crois. J'en suis même sûre, en fait. Qui peut se targuer, à seulement 22 ans, d'avoir un travail relativement aisé, de vivre avec la personne qu'il aime vraiment, d'avoir un appart petit mais tellement agréable à vivre, et une famille qui reste soudée bien qu'éloignée...
Qui peut se retourner sur sa vie et se dire qu'il n'aurait pas agi autrement, même s'il avait eu une deuxième chance de refaire les bons choix?
Et si on se contentait de profiter du bonheur sans se soucier du reste? Si on essayait simplement d'allonger, jour après jour, ces moments de bonheur pour qu'ils deviennent constants? Si on essayait de vivre avant tout pour soi? N'est-ce pas, au fond, la plus sensée des résolutions?
Le 3 janvier, déjà. C'est dingue comme le temps file. A la vitesse de la lumière, parfois.
L'an dernier, j'ai perdu environ 69 jours. 69 jours d'une vie qui en compte déjà si peu. 69 jours, comme autant d'éternités passées à l'attendre. Alors pour ces nouveaux 365 jours d'éternité, j'ai décidé de ne plus perdre la moindre journée, la moindre heure, la moindre seconde.
C'est bizarre comme parfois, à la simple résonnance des 12 coups de minuit, le 31 décembre, on peut déjà sentir si l'année sera bonne ou, au contraire, juchée de moments horribles. Et cette année, debout au sommet de la montagne, les pieds dans la neige et la tête dans les étoiles, le bras autour de ses épaules, j'ai compris que ce serait magique, encore.
Pour l'année à venir, elle m'a offert l'amour, le sien, le plus beau qui soit. C'est plus que je n'en pouvais espérer. Elle m'a offert son coeur et ses espoirs que je parvienne enfin à écrire un roman.
Sur le coup, je crois, je n'ai pas saisi l'étendue de ces quelques mots. Je me souviens simplement avoir pensé qu'au bout de 22 ans, certains rêves devaient revêtir enfin leur côté inaccessible et retourner grandis le rang des espérances inabouties, comme tant d'autres. Puis elle s'est assise à côté de moi est m'a soufflé à l'oreille; "Je crois en toi". Et ça a tout changé.
Je n'y arriverai peut-être pas, mais ce soir, je suis au moins certaine de deux choses ; J'ai la chance de commencer l'année dans les bras de la personne que j'aime le plus au monde, et certains rêves ne doivent pas être rangés au fond d'un placard, tant que leur réalisation peut offrir un sourire à au moins une personne. Et croyez-moi, quand cette personne à le plus magnifique des sourires du monde, ça en vaut la peine.
Moi aussi, tu sais, je crois en toi...
Je crois en nous...
Coucou les loulous. Jour J moins 1, tout le monde est dans les starting blocks, les sapins sont enguirlandés, les cadeaux sont emballés et tout le budget fêtes est dépensé, l'impatience commence à monter et c'est le dernier dodo avant de recevoir nos cadeaux.
La journée idéale, en somme, pour les dernières recommandations au Père Noël.

*****
Petit Papa Noël,
Entre nous, vraiment, les "quand tu descendra du ciel avec des jouets par millier", c'est démodé, non? Ces airs musicaux qui parlent de cadeaux et de bonheur, on n'en a plus trop rien à foutre. C'est plus de jouets qu'on a besoin, ce serait plutôt de fric. Pense à éradiquer le sida, à trouver un remède au cancer, pense à augmenter le pouvoir d'achat de tous ces gens biens qui bossent comme des malades pour gagner le SMIC et à trouver de la bouffe pour tous les enfants qui en manquent, on verra plus tard pour les cadeaux.
Tu sais, petit papa Noël, au 21ème siècle, on n'en est plus à espérer que tu remplisses nos chaussettes de chocolat. On hésite même à utiliser du fric pour te mettre un joli petit sapin et les carottes qu'on laissait au coin du feu, à côté de ta cafetière pour que tu te réchauffes, c'est derrière nous tout ça. Tu sais, il suffit qu'on pense à regarder la télé de temps en temps pour se dire que si tu existais vraiment, ce serait différent. T'as rejoint Dieu au pays des rêves, pour beaucoup d'entre nous, et il n'y a plus que les tout petits enfants pour croire encore que t'existes.
Dis, vraiment, ces petits rennes qui guident ton traineau et tous ces petits lutins qui emballent tes cadeaux au pôle nord, tu crois vraiment que c'est encore utile? Faudrait penser à te moderniser. Faudrait peut-être même penser à te recycler. De nos jours, ce dont on a besoin, c'est surtout qu'on arrête de nous prendre pour des cons et qu'on pense à essayer d'arrêter la crise, pas qu'on nous promette de jolis petits cadeaux colorés qui nous feront oublier pendant 24h la société dans laquelle on vit avant de nous y replonger pour une année entière. Ca te tenterait pas, de te lancer dans la politique? Peut-être qu'alors, t'aurais du poids, ton mot à dire sur ce qui se passe. Ca nous serait peut-être plus utile, tu crois pas?
Parce que là, de toi à moi, on a plutôt tendance à se casser le cul pour essayer d'avoir de quoi survivre à la fin du moi qu'à se demander quelle folie supplémentaire on pourrait faire pour Noël, tu crois pas?
Et le pire, dans tout ça, c'est que derrière ce cynisme apparent, j'y crois, moi, à la magie de Noël. J'y ai toujours cru, même lorsqu'on m'a annoncé que tu n'existais pas. Parce que les sourires, même si ils ne durent que 24h, ça vaut de l'or. Parce que voir les enfants courir vers le sapin à la recherche du cadeau qui portera leur nom, c'est magique. Parce qu'offrir un peu de soi aux personnes qu'on aime, et voir la joie dans leurs yeux, c'est plus fort que tout. Alors oui, j'y crois. A tout. A ta barbe et à ton bonnet rouge, à tes rennes et à tes petits lutins. A tout, j'te dis. Je suis encore un vrai gosse, pour ça, à attendre avec impatience l'heure de pouvoir enfin déballer les cadeaux pour voir ce qui s'y cache, à décorer avec minutie le sapin pour qu'il soit beau, beau, beau. Et puis la véritable magie de Noël, ça reste la famille, non? Les bisous, les embrassades, le bonheur qui se ressent dans l'air, la douce odeur de la dinde qui cuit dans la cuisine et les bulles de champagne qui montent un peu à la tête, les cris et les rires des enfants. Noël, pour moi, c'est mon frère dans la cuisine, avec son tablier blanc et son sourire béat, c'est ma belle-soeur, ma soeur et moi à la vaisselle, à se raconter nos vies en se donnant des coups de serviette au creu des genoux, là où ça claque bien. Noël, pour moi, c'est le traditionnel "allez, c'est la fête, vous reprendrez bien une petite coupe" de ma mère, tellement heureuse d'être entourée, et le soir, une fois tout le monde parti, quand je me retrouve seule dans le canapé, à me blottir dans les bras de ma mère et à se dire que c'était une super journée. C'est les enfants qui tournent et retournent autour du sapin en attendant impatiemment que ce soit l'heure des cadeaux, et qui insistent pour ramener eux-même chaque cadeau sur les genoux de la personne à qui il est destiné. Noël, c'est ma grand-mère, assise dans le canapé avec mon chien sur les genoux, qui ne dit rien mais verse toujours une petite larme quand elle se rend compte qu'à elle aussi, on a pensé, et qu'il y a un gros paquet pour elle, sous le sapin. Noël, pour moi, c'est tout ça. C'est magique.
Alors tu vois, je ne veux pas que tu croies que je m'en fous. C'est juste que ça devient difficile de faire abstraction de tout le reste. Parce que cette année, même si ce sera génial, Noël, je le passerai loin de celle que j'aime, et que deux jours après ce sera le retour et que je serai partagée entre la joie de la retrouver et le déchirement de quitter tous les autres. C'est juste que pour les cadeaux, cette année, il a fallu restreindre un peu le budget, et que la vie n'est pas facile tous les jours, dans le monde des adultes. C'est juste que parfois, je me demande si ça sert vraiment à quelque chose, tout ça...
Et la seconde d'après je me dis que si ça sert à sourire, si ça sert à apporter ne serait-ce qu'un peu de chaleur dans les coeurs, même si on retrouve le quotidien dès le lendemain matin, ça en vaut vraiment la peine. Tu crois pas? Au fond, je crois que si...
Alors cette année, s'il te plaît, ne m'apporte pas de cadeau sous le sapin. Apporte la joie à ceux que j'aime. Offre à ma mère la retraite calme et paisible qu'elle a toujours souhaitée, offre à B cette confiance en elle qu'elle ne parvient pas à trouver et le bonheur tel qu'elle le mérite vraiment, offre à mon frère de concrétiser au moins l'un de ses rêves pour les années à venir, et à Mag de réussir ce qu'elle entreprend et d'oublier un peu que la vie n'a jamais vraiment été facile pour elle, offre à ma soeur et à son mari encore dix autres années de bonheur comme ils ont la chance de le connaître, et aux enfants de garder leur innocence le plus longtemps possible, offre à ma grand-mère de ne plus être triste et une fin de vie heureuse, fais-lui oublier qu'elle n'est pas dans sa maison et qu'après 20 ans, son mari lui manque encore et redonne lui le sourire qui l'a quittée quand on l'a enlevée de chez elle et, surtout, offre à mon père du bonheur en quantité au moins aussi énorme que toute l'aide et le soutient qu'il m'a apporté quand je lui ai dit que je partais construire ma vie. Offre-leur tout ça, offre-leur le bonheur, pour un jour ou pour l'éternité.
Et puis merde, apporte-moi quand même quelque chose. Après tout, il n'y a pas de mal à être un peu égoïste, parfois, si? Apporte moi des liasses de billets, des dollars par milliers, la concrétisation de mes rêves et de mes projets et la continuité de l'amour que j'ai trouvé l'année dernière. Apporte-moi pour 2009 une année aussi belle et aussi riche en rebondissements que celle que j'ai pu vivre en 2008, et plein de thunes en supplément. Finalement, apporte-moi l'amour, la richesse, les folies de la jeunesse et la maturité de l'âge adulte, apporte-moi des rêves et des projets, des nuits blanches et des éclats de rire par milliers, et 365 matins à me réveiller près d'elle. C'est tout ce que je demande.
Comment ça, c'est trop?
Allons, tu es le père Noël, tu es magique. Tu ne me feras pas croire que ce petit défi te fait peur. Je compte sur toi
Et à l'année prochaine pour le compte rendu de l'année écoulée...
Vous allez me dire que je suis vachement productive, ces jours-ci. Eh bien vous avez raison. Ces derniers jours, l'envie d'écrire, de décrire, m'est revenue comme avant, plus forte encore qu'avant.
L'envie d'écrire ces petits moments quotidiens pour qu'ils deviennent inoubliables, couchés sur papier, de décrire mes rires et mes sourires plus encore que mes larmes. Bah oui, parce qu'en plus d'écrire davantage, j'ai mis le côté mélodramatique de côté. Qui pourrait constamment avoir envie de lire des larmes?
Je me suis rendue compte que même B ne passait plus que rarement, vu mon peu de régularité à écrire et mes mots souvent durs ou tristes. Alors voilà, remise en question oblige, je me veux plus drôle et objective.
Puis faut dire que depuis quelques jours, je ne suis pas triste. Je vais même bizarrement bien.
Et aujourd'hui, c'était "Journée Makroutes". Moi qui déteste avoir les mains toutes poisseuses, j'ai passé ma journée à les tremper dans un mélange de semoule, d'oeuf et d'huile pour confectionner de jolis petits biscuits pour Noël. Et j'ai bien fait rire tout le monde, à me laver les mains entre chaque confection, sachant que j'allais pourtant les ressalir dans la seconde qui suivait. Bah oui, et alors?
Puis j'ai regardé Stuart Little, aussi. Le dessin animé, pas le film. Et je me suis surprise à rire plus souvent que la cousine de B, qui a pourtant un âge nettement plus adapté à ce genre de films. Bref, j'en peux rien moi si une souris qui parle et un putois qui pête, ça me fait rire.
Tout ça avant de prendre la route pour rentrer, de conduire dans le noire une voiture qui n'est pas la mienne, avec un levier de vitesse bizarre qui vibrait tout seul et un accélérateur qui ne répondait qu'une fois sur deux lorsque j'appuyais dessus. Une essence, qui plus est, moi qui ne sais conduire à peu près bien qu'avec un diésel. J'ai jamais serré un volant aussi fort entre mes petites mains ni était aussi heureuse de voir apparaître au loin la petite porte de mon petit appartement douillet. J'ai sauté hors de la voiture, jeté les clés à sa propriétaire et couru me réfugier dans mon petit canapé avec une joie non dissimulée. J'espère que N. n'aura pas remarqué mon empressement à rentrer, sinon ça risque d'en être fini de la bonne entente avec ma belle-soeur pour un temps.
Que pourrais-je bien vous raconter d'autre? Demain, j'ai décidé de prolonger mon week-end. Eh oui, l'avantage d'être indépendant, c'est de pouvoir à l'infini manipuler ses horaires de travail comme on le souhaite. Et moi, demain, je souhaite profiter d'une grasse matinée bien méritée après cette journée passée aux fourneaux, profiter d'un centre commercial bondé de monde pour aller m'acheter ce petit gilet entraperçu chez H&M quitte à passer pour une maso et à attendre une heure à la caisse que la mamie de devant ait terminé d'acheter toute une garde robe pour ses petites filles, profiter d'un bon repas chez les parents de B et d'une après-midi tranquille, à squatter le canapé et à emballer mes cadeaux avant de partir retrouver mes parents.
Je vous avais prévenus, cette fin d'année, le mot d'ordre, c'est "No Prise de Tête". J'ai presque envie de retomber en enfance.
D'ailleurs merde, j'ai décidé de retomber en enfance, de criser pour avoir mes cadeaux de Noël à l'avance, de tourner en rond autour du sapin pour essayer de deviner ce qui se cache dans les paquets, de regarder des dessins-animés le matin en buvant un chocolat chaud qui me laissera une moustache, et les films de Noël le soir en attendant B.
Je vais peut-être même ressortir mon doudou, tiens. Depuis 6 mois qu'il est dans le placard.
Bah oui, parce que figurez vous que 'toudoux', c'est son nom, est resté dans mon lit tant que je vivais seule. Son ventre tout rond et mou me servait d'oreiller, ses petites pattes se refermaient autour de mon cou pour que je n'aie pas froid et il recueillait mes larmes lorsque parfois elles coulaient. Et que depuis que je suis arrivée, B a décrété qu'il était trop gros, qu'il prenait trop de place, et que j'étais trop vieille pour avoir un doudou. Et il a terminé au fond du placard, avec son gros ventre tout rond et tout mou et ses yeux en boutons.
Et moi, j'y ai gagné quoi? Un doudou vivant qui prend toute la place dans le lit, me réveille quand il n'arrive pas à dormir et râle quand j'ai le malheur de respirer dans ses oreilles parce que ça l'embête. Non mais. En plus, elle refuse que je m'endorme la tête sur son ventre et elle va faire pipi trois fois par nuit. Et puis elle a même pas des petites pattes toutes douces qui me réchauffent les joues la nuit, non, B, quand elle approche ses mains de mon visage, c'est pour m'enfoncer par inadvertance le doigt dans l'oeil et manquer de me rendre aveugle.
Alors c'est décidé, je profite de ma semaine de retour chez mes parents pour me réconcilier avec 'toudoux', je ne prépare plus jamais de "Makroutes" sans prévoir 12 paires de gants en plastique et je ne conduis plus jamais de voiture à essence avec un changement de vitesse vibrant et un accélérateur récalcitrant.
Y a pas écrit bécasse ici, hein.
J'ai des défenses immunitaires contre l'intelligence excellentes, une stupidité naturelle doublée d'une bêtise pleine d'innocence. Nan, c'est pas vrai, j'suis une vraie prise de tête à moi toute seule. D'ailleurs, je me fatigue souvent moi-même. C'est fatiguant. C'est le cas de le dire. Par contre, et ça c'est vrai, je suis le genre de fille chez qui il y a toujours quelque chose qui cloche. Un bouton qui s'ouvre sur une chemise qui devait tomber parfaitement, une miette qui reste collée sur la joue après le petit déjeuner et donc je ne me rends compte, bien sûr, que deux heures plus tard, après avoir salué mon patron et deux ou trois clients, une mèche de cheveux rebelle qui ne veut jamais, jamais se placer correctement et se mettre en rang, sagement alignée sur les autres. Nan, la perfection m'est totalement inconnue, y a définitivement toujours quelque chose qui cloche. Paraît que ça me rend attachante. Tu parles. Ca me met surtout dans des situations inconfortables.
Imaginez un peu vous pointer à un enterrement après que votre étourderie naturelle et l'urgence de la situation vous aient fait oublier de refermer la fermeture éclair de votre beau pantalon noir qui tombe parfaitement. Bien sûr, ce jour là, vous aviez-mis une jolie culotte rose presque fluorescent plutôt que la traditionnelle petite culotte noire passe partout. Ca y est, vous visualisez? Bah ça, c'est moi. Non, ça m'est jamais arrivé. Mais je vous promet que ça pourrait.
Mais, en règle générale, je suis plutôt du genre à claquer la portière de la voiture et à me rendre compte qu'une mèche de cheveux est restée coincée dedans, où à partir au travail en oubliant d'emmener mon ordinateur, le genre de fille qui après avoir bu un peu trop oublie de se démaquiller et qui, la tête dans le cul le lendemain matin, part de chez elle en évitant soigneusement de se regarder dans le miroir et, du coup, ne pense pas le moins du monde à effacer ces horribles traces noires qui lui donnent un faux air de dracula au lendemain d'une orgie et part tranquillement faire les boutiques pendant trois heures en se demandant pourquoi tout le monde la regarde bizarrement avant de croiser son reflet dans la vitrine d'un magasin et de courir se réfugier dans les toilettes. Ou bien sûr, elle se rend compte qu'elle n'a absolument pas de démaquillant dans son sac à main et que ce putain de mascara est super waterproof. Cette fille-là, c'est moi.
A 4 ans déjà, alors que ma soeur était sensée m'aider à m'habiller et que, bien sûr, elle n'a pas eu le temps de le faire et m'a laissée à mon triste sort, je suis partie à l'école en jupe, et sans culotte. J'étais mal partie dans la vie, déjà...
Tiens, j'ai bien fait de pas publier cet article tout de suite après l'avoir écrit. Figurez-vous que ma chérie vient de m'appeler pour me signaler de façon adorable qu'elle venait de terminer le taff, qu'elle mourrait de faim et qu'elle ne serait pas contre l'idée d'un bon plat de pâtes fumantes en rentrant. Adorable, je vous disais. Me voilà donc aux fourneaux, à confectionner la meilleure sauce fromage du monde. Bref, là n'est pas la question. Quoiqu'il en soit, bien sûr, les pâtes qu'elle préfères, celles qui sont toutes fines, vous savez, les capellinis. Bah bien sûr, elles étaient tout au fond du placard. Et je croyais que le paquet était fermé, bien sûr. Sauf que bien sûr aussi, il l'était pas. Et me voilà à tendre le bras au maximum, à toucher le paquet du bout des doigts, à l'attraper enfin... et à tout renverser dans le placard. Regardez dans le dictionnaire, à la définition du mot "boulet", vous trouverez sans doute un lien vers l'étymologie de mon prénom.
Il ne me reste plus qu'à espérer que la magie de l'âge adulte opère soudainement sur moi, je crois.
J'écoute Saez, je chante à tue-tête mais j'm'en fiche puisqu'il y a personne pour m'écouter, j'regarde TF1 sans le son et j'fume des clopes d'une main en écrivant de l'autre.

J'voulais acheter plein de fringues, cet aprem. Mon compte en banque m'en a dissuadé. J'voulais acheter un appart, ce soir. Ma mère m'en a dissuadé. faudrait que j'arrête de demander l'avis des autres. Y a toujours quelqu'un pour dire non, et au final j'me retrouve pleine de regrets.
Vive les simples d'esprit qui ne se posent jamais de questions. Au moins ont ils le bonheur d'ignorer la complexité de la vie.
J'suis bien en fait, là dans mon canap. J'métais pas sentie aussi bien depuis un bail. J'm'en souviens même plus. C'est juste un état d'esprit, l'impression d'avoir réussi à évoluer par mon introspection et d'avancer vers des jours meilleurs, c'est juste B qui vient de m'appeler, et son sourire qui s'entendait, et la perspective de revoir petit bonhomme bientôt. Et puis cette longue conversation d'hier avec Ak, aussi. Je crois qu'au bout de 2 ans, lui expliquer clairement pourquoi je l'ai quitté sans un mot ou presque, ça fait du bien. Lui dire enfin que j'étais désolée, mais que j'en avais besoin, qu'avec lui comme avec n'importe quel autre mec, je ne pouvais plus, que c'était pas de sa faute et que je l'aimais bien, faute de l'aimer tout court. Puis j'prépare activement mes bonnes résolutions pour l'année prochaine, aussi, et j'm'y vois déjà, une fois celles-ci toutes accomplies, comment ce sera trop bien.
J'ai pas grand chose à dire, en fait. Y a Saez qui chante "So gorgeous", et les images d'un montage photo que j'avais fait il y a des mois déjà qui me reviennent, ça me fait sourire toute seule. Et ma clope se consume toute seule dans le cendrier, et B va râler en rentrant à cause de l'odeur de fumée froide dans le salon. Ca aussi, bizarrement, ça me fait sourire. J'pense que je commence peu à peu à connaître toute la complexité de ce petit bout de femme qui s'est retrouvé au centre de ma vie un peu par hasard.
Tiens, d'ailleurs, cette nuit, j'arrivais pas à dormir. Croyez moi, c'est plutôt rare. Et j'ai pensé à toutes ces coïncidences, tous ces hasards qui m'avaient réuni. Définitivement maintenanant, je ne crois plus au hasard. Ils sont trop nombreux pour n'être que coïncidences, il y a forcément autre chose derrière. Le destin, peut-être. J'en sais rien, au fond.
Quoiqu'il en soit...
Si j'avais pas écrit un peu, si elle avait pas lu un peu, si elle avait pas osé me parler, si j'avais pas répondu, si j'avais pas réfléchi autant, si j'avais pas fini par admettre qui j'étais vraiment, si j'avais pas fait le premier pas pour lui dire, si elle m'avait pas fait devenir presque folle en essayant de me faire réagir, si j'étais pas partie pour Valence, si elle était pas venue, si elle avait pas eu de si beaux yeux, si elle était pas restée pour la nuit...
Si j'avais pas écrit, elle n'aurait jamais lu, on n'aurait jamais échangé nos premiers mots, ni notre premier baiser, par extrapolation, et rien n'aurait existé. Quand je dis que l'écriture est au centre de ma vie...
Si j'avais pas admis que j'étais amoureuse d'une fille, si je le lui avais pas dit, ça n'aurait jamais été plus loin que des mots, on n'aurait jamais échangé notre premier baiser...
Si elle ne m'avait pas fait devenir presque folle en sortant avec un autre dans la foulée, si j'avais pas ressenti cette putain de jalousie que je ne connaissais que de nom, j'aurai jamais su à quel point c'était fort, ce truc qui poussait dans mon bide, qui faisait battre mon coeur, et j'aurai peut-être laissé tomber les difficultés à venir. On n'aurait jamais échangé notre premier baiser...
Et si j'étais pas allée à Valence, si j'étais pas allée à 1h de chez elle, j'aurais peut-être jamais osé faire le trajet pour la voir, on se serait oubliées à force de reporter encore et toujours. On n'aurait jamais échangé notre premier baiser...
Et si elle en avait pas profité pour venir, si elle avait pas pris les choses en main sans me laisser la contredire, j'aurai sûrement dit non, et laissé la peur reprendre le dessus. Elle serait pas venue, j'aurai pas insisté, j'aurai attendu, sans doute trop. On n'aurait jamais échangé notre premier baiser.
Et si elle avait pas eu de si beaux yeux, de ces yeux auxquels on ne peut résister, l'envie de me pencher vers elle aurait peut-être été combattable, j'aurai peut-être pas osé, j'aurai attendu, encore. Aurait-elle fait encore une fois le premier pas? Je sais pas. On n'aurait peut-être jamais échangé notre premier baiser.
Mais j'ai écrit, mais elle a lu, mais on a discuté, mais j'ai compris, mais je lui ai dit, mais elle m'a rendue dingue, mais je suis allée à Valence, mais elle est venue, mais elle a les plus beaux yeux du monde, mais j'ai pas résisté à l'envie de l'embrasser, mais elle est restée pour la nuit, mais c'était comme une évidence, à partir de ce moment là...
C'est pas le hasard, j'y crois pas.
Merde, j'ai rallumé une clope sans y penser. Elle va vraiment me tuer. Et puis d'ailleurs j'ai rien rangé. J'ai pas envie, en fait. Et y a la météo à la télé qui annonce une vague de froid, comme si on se les gelait pas encore assez. Ca me gave, le froid. J'aime pas les gros pulls qui boudinent et les écharpes qui grattent le cou. J'aime pas mettre un pyjama pour dormir parce que les draps sont trop froids pour s'y blottir. J'aime l'hiver que quand il neige, en fait.
Tiens, vous avez vu, c'est Mickels qui a gagné la star ac, hier. Ouais, tout le monde s'en fout, je sais. C'était juste pour dire un truc qui ne raconte pas ma vie, ça change.
J'crois qu'au fond, j'suis pas quelqu'un de bien, avec mes envies d' interdit, d'infini, mes dépendances et mon caractère de merde, mon égocentrisme à toute épreuve et mes mots qui tournent autour de ma petite personne. Mais je crois que l'admettre fait de moi au moins quelqu'un de fréquentable. C'est vrai quoi, faute avouée à moitié pardonnée. Bref, j'suis pas quelqu'un de bien, et là j'ai envie d'un joint, d'une clope, de danser toute la nuit et pour le reste j'me censure, sinon je vais faire péter l'audimat des recherches par mot-clé.
Vous saviez qu'un jour quelqu'un avait attéri ici en recherchant "Baiser son chien" sur google? J'ai vérifié, j'ai jamais jamais jamais parlé de ça, même dans mes moments de faiblesse littéraire. Bizarre, la technologie. Et puis quelle personne normalement constituée pourrait rechercher ça sur le web, d'abord? C'est vrai quoi, j'aurais plutôt opté pour Shakira, Eva Mendes ou encore Eva Green, là oui, d'accord, mais un chien. Beurk. Pas de ça ici, je vous en prie.
Ca vous arrive parfois, de vous faire rire toute seule? J'avais décidé d'écrire pour ne rien dire, parce qu'en fait j'ai pas grand chose à dire, ce soir. Les autres jours non plus. Et me voilà à discuter hasards, star ac et chiens, toute seule dans mon canapé.
Y a t'il un psy dans l'audience? C'est grave, docteur?
Allez, au prix d'un effort surhumain je vais me lever, vider le cendrier, ouvrir la fenêtre, tenter désespérément de m'éviter les foudres de ma chérie en aérant l'appart, ranger un peu mes fringues qui s'amoncellent en un tas dangereusement instable derrière le rideau sensé cacher la penderie et... attendre gentiment.
Je vous laisse donc à vos lectures de choses nettement plus intéressantes.
D'ailleurs je crois que je vais devenir alcoolique. Au moins j'aurai une maladie, un truc socialement reconnu comme pathologique, un problème réel à régler, et vous serez obligé d'être sympa avec moi, de me répondre, de me soigner, de me sourire à vous en décrocher la machoire. J'aurais enfin droit à votre considération humaine et médicale et des tonnes de choses intéressantes à écrire. J'piquerais son idée à Beigbeder pour écrire les "nouvelles sous alcoolémie" et je deviendrai célèbre. Flamboyante revanche sur l'inintérêt de l'existence
Ok, j'me tais et j'vais ranger.
Ces derniers jours ont été un vrai mélange de rires et de larmes, de sourires et de coups de gueule, de joie et de fatigue incontrolable. Et puis parfois, il suffit que ça ne soit pas la personne concernée qui tente de nous expliquer les choses telles qu'elle les voit pour y voir un début de compréhension.
Mercredi, il y a eu ce putain de gros contrat signé, qui fait du bien tant au moral qu'au portefeuille, et l'après-midi a regarder tranquillement la télé, à lire par-ci par-là quelques lignes d'un bouquin qu'on aime, d'un autre qu'on ne connaissait pas, qu'on découvre et qui nous intrigue.
C'était "quelqu'un d'autre", de Tonino Benacquista. Je ne l'ai pas lu, à peine la préface et le quatrième de couverture. Mais depuis, une idée germe dans ma tête. Un an pour essayer de devenir plus proche de cet 'autre' moi, celui que j'ai idéalisé depuis mon enfance sans jamais me donner réellement les moyens d'y arriver.
Et puis la soirée faite de sourires et de fou rires. D'un surtout. Qui me fait sourire encore ce soir, seule dans mon canapé, alors que j'essaie de trouver les mots pour les retranscrire ici. Ca avait commencé par une faute d'orthographe sur un panneau de circulation, le mot "accueil" transformé en "acceuil", un demi-tour controlé en pleine rue pour retourner vérifier ça de nos propres yeux parce qu'on y croyait pas trop, et J. qui répétait en boucle "Mais si, c'est une faute d'orthographe, Un Enfant Intelligent", sans qu'on parvienne à comprendre ce qu'elle essayait de nous dire, ni le rapport avec ce panneau ou son 180 degrés au beau milieu de la route. Et elle s'acharnait, avec son 'Un Enfant Intelligent", sans prendre la peine de nous expliquer, persuadée qu'on comprendrait. Mais comprendre quoi? Qu'elle avait été intelligente, étant petite, et que c'était ce qui lui avait permis de voir cette faute d'orthographe? Que si un jour elle avait un enfant, il serait forcément intelligent puisque sa mère parvenait à conduire tout en faisant attention aux panneaux qui bordaient la route? Non, Un Enfant Intelligent, c'est simplement une méthode d'apprentissage pour savoir que "accueil" s'écrit avec UEI.
Bah oui, U-n E-nfant I-ntelligent, voyons. Il nous a fallu un bon quart d'heure et une bonne dose de rires pour comprendre, mais maintenant, c'est clair pour tout le monde, un enfant intelligent a un jour compris que grâce à lui, plus personne ne ferait de faute d'orthographe en écrivant "accueil". Trop fort, le petit.
Puis est arrivé jeudi, tellement vite. Jeudi et la journée de travail banale, jeudi et la soirée "ravioles" à l'appart. Jeudi et les autres rires, parce que le frère de B, quand il veut, il est drôle. Quand il nous raconte ses soirées au resto avec ses potes du foot, surtout. Mais ça, je ne vous le raconterai pas ici, c'est interdit aux mineurs.
Mais ne brûlons pas les étapes. Parce que jeudi, avant tout, il y a eu cette dispute. Encore. Il faut dire qu'en ce moment, ça ne va pas fort. La faute à qui, je n'en sais rien. A nous deux, je suppose. Une discussion sans aucun aboutissement dans laquelle j'ai sans aucun doute possible de nombreux torts, B aussi. Moi parce que je remue le couteau dans la plaie pour essayer de comprendre ce qu'elle ne veut pas me dire, elle parce qu'elle garde le silence jusqu'à exploser, parce que plutôt que de s'expliquer, elle est blessante. Une façon de se protéger, je supose.
Et puis ce soir, une soirée de prévue qui s'annule au dernier moment, et me voilà à écrire en attendant que B rentre du travail. Comme souvent. Mais différemment.
Parce que ce soir, plutôt que d'essayer de comprendre toute seule ce qui se passe, j'ai accepté d'avoir un avis extérieur, d'essayer de voir les choses comme elle, de savoir ce qu'elle ressentait et qu'elle refuse de dire. Parce qu'on en raconte pas toujours à sa petite amie ce que l'on raconte à ses amies. C'est normal, je suppose. C'est normal, mais ça change l'idée que je me faisais d'une relation comme la nôtre, ou je refusais à la fois de lui mentir et de lui cacher des choses. J'aurai aimé que l'on puisse tout se dire, faire abstraction du reste pour se parler calmement et constructivement d'absolument tout, sans juger ni critiquer. Je me rends compte aujourd'hui que c'est impossible, qu'on ne peut faire abstraction du côté émotionnel, qu'on ne peut faire abstraction de tout sentiment lorsque le coeur est totalement et irrémédiablement touché par les mots qui seront prononcés. B l'avait compris avant moi, je crois. Grâce à son passé, à son expérience de la vie en couple dont je manque cruellement. J'ai bien trop idéalisé, je pense. Beaucoup trop rêvé pour ne pas en souffrir aujourd'hui. Mais la compréhension suscite parfois de souffrir pour y arriver, et au final, je ne fais qu'apprendre un peu plus chaque jour des concessions et des attitudes à adopter.
J'ai essayé de comparer l'incomparable, j'ai voulu comprendre à tout prix sans penser aux souffrances, j'ai remué le couteau dans son coeur comme dans le mien, j'ai joué la carte des comparaisons un nombre incalculable de fois, j'ai mis ma vie et mon indépendance bien trop souvent au placard au profit d'un couple dont je faisais mon idéal.
On ne compare pas l'incomparable, on ne force personne à agir contrairement à sa nature, on ne peut forcer personne à aimer comme on voudrait être aimé, on ne juge pas la force de l'amour de quelqu'un simplement aux mots qu'elle accepte ou non de dire, on ne fait pas de parallélisme entre un passé et un présent qui n'ont d'autre lien entre eux que la personne qui les a vécus tous deux, on ne peut se perdre soi-même au profit d'un autre sans perdre de la même manière cet autre auquel on tient tant.
Grâce à C, ce soir, j'ai compris que passé et présent n'était pas comparables, que B n'était en rien ce qu'elle est aujourd'hui, qu'à trop la brusquer je ne faisais que l'éloigner, que mieux valait parfois le silence que les mots trop difficiles à supporter, qu'il était préférable de laisser au temps la lourde tâche de faire évoluer les choses plutôt que de garder constamment le pied sur l'accélérateur, qu'elle avait besoin de temps et moi d'apprendre la patience. J'ai compris qu'à trop la pousser vers moi, je semais le doute dans sa tête, qu'à trop vouloir être certaine de bien faire, de mieux faire, je ne faisais que créer un fossé entre nous. Qu'en continuant comme ça, c'est notre couple lui-même que j'allais envoyer aux oubliettes.
J'ai compris qu'elle avait changé, qu'elle était un peu cynique et très prudente, qu'on était à la fois tellement différentes et tellement semblables. J'ai compris, et j'essaierai de prendre les décisions qui s'imposent, même si je sais que ça ne sera pas toujours facile.
J'hésite à écrire ici les choix que j'ai fait, les résolutions que j'ai prises, les décisions auxquelles je suis parvenue, parce que je sais qu'elle lira, qu'elle saura, mais que je reste incertaine concernant ma capacité à aller au bout des choses, encore une fois, ma capacité à réussir ce qui se révèlera sans doute pour moi le plus dur des challenges.
Je n'en parlerai pas.
Simplement, je vais accepter le cadeau de V comme un effort qu'elle fait et que je me dois d'accepter. Je vais accepter le cadeau de V comme celui d'une amie de B qui essaie d'être gentille. Et arrêter de voir constamment le mal là où son simple prénom est prononcé. Je refuse d'être cette fille toujours sur les nerfs à la pensée de pouvoir perdre celle qu'elle aime. Ce n'est pas moi, ça.
Moi, je suis la fille qui va écrire son putain de roman et l'envoyer aux maisons d'éditions, quitte à se prendre leur refus en pleine gueule, juste parce qu'elle n'est pas du genre à abandonner sans même avoir essayé. Je suis la fille qui fait du sport de haut niveau depuis plus de 10 ans et s'énerve toujours de perdre un match qu'elle estime pouvoir gagner. Je suis la fille qui a réussi à perdre plus de 10 kilos pour s'approcher de celle qu'elle voulait être et qui va aujourd'hui continuer dans ce sens, peu importe le temps que ça prendra. Je suis marrante, indépendante, intelligente, sportive, jolie. J'ai tendance à oublier tout ça, ces derniers mois...
Parce que je voulais faire de 'nous' une unité et qu'au final je ne réussis qu'à l'éloigner.
Arrêter de comparer l'incomparable... et me réconcilier avec moi-même. Les voilà, mes bonnes résolutions.
Mercredi
Parfois, je me perds un peu, je crois.
Parfois, je la sens malheureuse.
Et je le suis aussi.
Elle reste silencieuse. Souvent.
Peut-être attend-elle que je la comprenne à demi-mots.
Je n'y arrive pas toujours, je le crains. Et je m'enfonce dans des gouffres de questions, je me plonge tout entière dans une rivière de doutes.
Putain d'amour qui m'élève ou me plaque au sol. La passion peut faire souffrir autant qu'elle mène aux cîmes. Selon les jours et les nuits.
J'ai un côté possessif, je crois. Je n'en avais pas idée avant. Pourtant..
Le "truc" avec B, c'est que quand elle plonge son regard dans le tien, tu as l'impression d'être le centre du monde. Ses yeux, c'est ça qui me perdra...
Et quand elle me regarde, je pourrais lui parler pendant des heures. De la vie, de l'amour, de projets, d'avenir. De notre avenir. Je me prends à rêver qu'à deux, on est invincibles...
Elle, elle reste silencieuse. Souvent.
Peut-être attend-elle que je la comprenne à demi-mots...
Jeudi
Certains soirs, tout paraît insurmontable. L'amour, le bonheur, tout. Alors on s'explique, on pête un plomb, on râle, on crie, on pleure, et on finit par se lover dans les bras de celle qu'on aime en sanglotant. Jusqu'à ce que ça passe...
Et au réveil, même si ça n'est pas parfait. Au moins les nuages semblent laisser percer une éclaircie, un espoir. On ose un sourire, on y croit encore.
Après tout, peut-être que c'est vrai, que c'était "une erreur", que c'était "par hasard". On se rend compte qu'on y croit encore, qu'on se refuse à laisser tomber l'amour, qu'on se refuse à perdre l'espoir. On sent le coeur se remettre à battre et on la regarde dormir, encore un peu, avant de partir.
On se dit que si on continue d'y croire fort, si on continue de serrer sa main dans la nôtre chaque soir en s'endormant, alors ça pourrait bien finir.
Aussi stupide que ça puisse paraître, je n'imagine pas ma vie sans elle. Même dans les moments sordides, même lorsque j'ai l'impression que mon coeur se brise entre ses mains, même quand je manque d'air et que je ne comprends pas, quand parfois ses réactions sont tellement éloignées de celles que j'attendais. Même quand elle me fait souffrir à faire imploser mon coeur dans ma poitrine, quand dans ma tête tout se déchire en même temps. Même lorsque j'ai l'impression de la détester, je l'aime...
Sensibilité exacerbée ou raison, je ne saurai sans doute jamais pourquoi hier j'ai pêté un plomb. Pourquoi mercredi soir, pour la première fois, je l'ai vraiment détestée pendant quelques minutes, pourquoi j'ai pensé à éteindre mon portable et à la laisser en plan, à l'autre bout de la ville. Je ne sais pas. Tout comme je ne saurai jamais rien des raisons qui l'ont poussée à ressortir ces images précisément maintenant...
Depuis quelques jours, je pensais à lui demander... vraiment, je veux dire, pas juste pour rire ou pour la faire râler. Lui demander de penser sincèrement, du fond de son coeur, à lier son destin au mien. Je voulais lui demander si elle pourrait un jour l'envisager, si vraiment elle pourrait. Et exposer mon coeur comme je ne l'ai encore jamais fait devant personne, exposer mon coeur à son possible cynisme ou à son 'non' tranchant. Je voulais essayer...
Je pense qu'il est encore trop tôt...
Qu'il vaut mieux laisser le temps au temps. Lui laisser le temps de suspendre son envol, lui laisser le temps de nous prouver qu'on peut y arriver. Tant que son passé ne lui laissera qu'amertume et regrets, tant que je lirai, au détour d'un regard, que 'avant' lui manque au fond des yeux, je ne lui demanderai plus.
Je ne lui demanderai plus de "m'aimer toujours".
Je transformerai cette éternité en "longtemps" des mois, des années durant. Aussi longtemps qu'il le faudra, aussi longtemps que "longtemps" mettra à devenir une vie...
Je l'aime. Je l'aime plus que tout. Plus que ma propre vie sans doute, qui n'a d'existence que blottie au creux de ses bras.
Je l'aime... mais aujourd'hui je crois que c'est à elle de faire le premier pas. Quand elle sera prête. Quand elle saura. Alors peut-être.
Peut-être que l'éternité trouvera sa source dans sa bouche...
Vendredi
Il y avait cette bague. Elle était belle, vraiment. Elle aurait été parfait, à son doigt, j'en suis sûre. Ce n'était simplement pas le moment.
...
Fuck off
Fuck off
Fuck off
Fuck off
I want a life without a past
Samedi
Passer ses soirées à refaire le monde en fumant clope sur clope et à regarder les étoiles par la fenêtre laissée ouverte
Je n'ai pas l'écriture facile, ces temps-ci. Je n'ai pas non plus les idées claires. Ca n'aide pas. Je n'ai pas non plus envie d'exhiber mes états d'âme, à vrai dire.
Mais alors, de quoi parler? De B...? C'est vrai, ces derniers jours, je me suis demandée plus souvent que jamais pourquoi je l'aimais à ce point. Pourquoi? Mais l'amour s'explique-t-il? J'ai lu un jour que c'était une question d'odeur, tout simplement, que chacun avec une odeur spécifique, et que c'est l'odeur de l'autre qui nous faisait ou non l'aimer? J'ai du mal à croire, pourtant, que ça ne tient qu'à ça. J'ai du mal à croire que si, le jour où je l'ai rencontrée, j'avais été enruhmée avec le nez bouchée, je ne l'aurai même pas remarquée. C'est impossible. Mais qu'est-ce qu'elle a de différent, alors? De tellement... magique?
Je crois que...
B, elle passe des heures entières derrière son pc, obnubilée par ce petit écran lumineux. Elle fait des choses que je ne comprends pas, parle soudainement une langue inconnue, sors des mots tels que "bios", "ram", "sata", et moi j'acquiesse. Je voudrais pas qu'elle me trouve conne.
Puis B, elle pose ses mains sur sa guitare et laisse ses doigts glisser le long des cordes. Les yeux rivés sur sa main gauche, elle garde toujours cet air concentré qui me donne envie de l'embrasser dans l'instant. Puis elle se tourne vers moi et sourit, heureuse d'avoir réussi cet accord particulièrement difficile. B, quand elle pose ses mains sur sa guitare, elle m'ouvre les oreilles en grand et me ferme les yeux. Elle me demande si j'ai reconnu la chanson et moi, j'acquiesse, même quand c'est pas vrai. J'acquiesse à la magie du moment, j'acquiesse pour qu'elle n'arrête pas de jouer.
Après, B, elle pose sa guitare et elle se blottit contre moi. Elle passe ses bras autour de mes épaules et niche son nez dans mon cou. Elle parle, elle me raconte sa journée, mais je n'entends pas. Y a que son souffle sur ma nuque que j'écoute. Peut-être qu'à cet instant précis, c'est une question d'odeur, oui. Peut-être. Et quand elle me pose une question, moi j'acquiesse, comme si j'avais réellement écouté. Je voudrai pas qu'elle me trouve fleur bleue
Et puis B, quand elle écrit, même si c'est rare, elle m'emmène toujours très loin. Ses mots, souvent noirs ou cynique, parfois tranchants sur la réalité de notre génération, font toujours mouche. Puis elle me dit qu'elle n'écrit plus parce qu'elle est nulle et là, je n'acquiesse pas. Tant pis si elle pense que j'ai tort, moi je sais que j'ai raison. Vous seriez d'accord avec moi si vous pouviez la lire.
Mais B, vous savez, elle fait des milliers d'autres choses aussi. Toutes avec brio, même si elle s'en rend rarement compte. Des milliers d'autres choses qui font briller les étoiles dans mes yeux rien qu'en la regardant. Mais surtout ne lui dites pas, son cynisme la pousserait à en rire un peu, je crois. Eh oui, B, elle est un peu cynique parfois. Mais ça lui va bien, ce clin d'oeil malicieux au fond du regard. B, elle répond parfois "moi aussi je m'aime", quand je lui dis que je l'aime. Juste pour me voir bouder un peu. Et moi, j'acquiesse. Je voudrais pas qu'elle me croie possessive ou jalouse.
Et puis B, quand parfois, entre ses silences, elle se met à parler, elle sort des belles phrases sur la vie, des phrases qui disent que l'avenir lui fait peur, que le passé lui laisse des regrets et lui manque autant qu'il l'a faite souffrir. B, elle dit qu'elle m'aime, mais jamais qu'elle m'aime pour toujours. Elle dit jusqu'elle m'aime, avec les points de suspension qui planent dans l'air ambiant. Et moi j'acquiesse. Il n'y a rien d'autre à faire...
D'ailleurs B, dans ses silences et ses points de suspension, elle a ce côté mystérieux, ce petit coin sombre où elle se réfugie parfois, celui où elle se laisse dire que le bonheur n'existe peut-être pas et qu'il faudrait arrêter d'y croire, qu'il y a toujours ce petit "hic", qui ne va pas, ces conneries qui l'empêchent d'apprécier le bleu du ciel. Alors, je n'acquiesse pas. Je n'aime pas la savoir triste à se raconter ce genre de conneries. Et tant pis si elle me prend pour une empêcheuse de tourner en rond. Parce que B, parfois, elle a besoin d'un bon coup de pied aux fesses et que je compte bien être là pour le lui donner. Jusqu'à ce quelle comprenne que je ferai tout ce qu'il faut pour lui prouver qu'elle a tort.
Et puis B, aussi, elle adore le côté "interdit" de la vie. B, elle veut des voyages et de l'immensité, elle veut des conneries et des bières, elle veut oser la vie. B, de toutes façons, elle a un putain de caractère de merde. Et c'est pas prêt de changer. Elle râle, elle boude, elle crie, elle part, elle se mure dans le silence. Et je la suis partout jusqu'à rattraper son sourire. Alors j'acquiesse. Encore. J'acquiesse à ses rêves, tant qu'elle m'y laisse une petite place.
Au fond, B, elle est juste à la fois la cause et la conséquence de mes battements de coeur, l'origine de mes plus beaux sourires et de mes larmes les plus amères, la clé de mon bonheur et de mes rêves. Le bleu de mon ciel, le sel de ma mer, l'encre qui coule sur mes pages blanches, la trame de mes rêves, les battementsd e mon coeur, l'essence de mon avenir, la naissance de l'amour dans mon bide et l'éclat des étoiles dans mes yeux. Elle est cette putain de mélodie dans mes oreilles et la résonnance de mes éclats de rire, l'air vif dans mes poumons et le sang qui coule dans mes veines.
Ma vie...
Dimanche
J'en ai marre de ces cinq jours qui encadrent les week-ends. Marre de penser au lundi matin dès le dimanche soir et de me lever tôt cinq jours de suite pour un travail merdique. J'ai envie de week-ends éternels.
Saviez-vous qu'il existait au moins 16 synonymes au mot "douleur"?
Affliction, amertume, blessure, brûlure, chagrin, déchirement, désolation, souffrance, élancement, enfer, épreuve, peine, tiraillement, torture, tourment, tristesse
Chacun d'eux définit à merveille mon état.
Affliction face à la réalité des choses, Amertume au fond du coeur, Blessure qui se ronvre à peine fermée, toujours, Brûlure qui enflamme mes poumons à chaque fois que j'essaie de reprendre un peu d'air, Chagrin de voir cet éternel recommencement, Déchirement de chacun de mes organes, du coeur au cerveau, désolation de tout mon être, Souffrance profondément ancrée, Elancement dans la tête qui empêche de ne plus penser, Enfer personnel, Epreuve à surmonter, encore et encore, Peine exacerbée par la solitude et les mots qui se veulent rassurants, n'en sont que plus difficiles à croire, tiraillement dans les yeux, picottement des larmes qui roulent et roulent, torture, tourment, tristesse et autres...
Aucun, ce soir, ne m'est épargné...
Je voudrais hurler, encore et encore. Hurler ces 16 mots qui se mêlent à ma rage...
Et puis disparaître...
Promesse donnée, promesse tenue.

Eh oui, j'ai promis de pondre quelque chose avant la fin de la semaine. Alors voilà, vendredi, 21h46, je me retrouve à écrire ici. Emmêler ma vie, associer les mots en rime ou en prose, faire d'un rien un tout qui pourra se lire. Peu importe, j'hisse ma vie au rang de texte. Tant pis si je n'ai rien à dire, qu'au moins ça se sache.
Rien à dire?
Pas si sûre. Comme toute écrivaine assidue, je suppose, je trouve toujours l'une ou l'autre connerie à raconter, non? Et puis, la vie n'est pas un long fleuve si tranquille que ça, non?
La mienne, pourtant, à tout l'air d'en être un, par moments.
Tenez, qu'est-ce que j'ai fait de transcendant, cette semaine?
Boulot rasoir. Pire que d'habitude. Le mois de décembre, pour une commerciale, c'est l'horreur. Franchement, qui a envie d'investir dans la pub alors que les fêtes approchent, que le bilan de l'année est en pleine construction et que, bien sûr, cette année n'a pas vraiment été de haut vol pour les commerçants. Même constat partout. Le pouvoir d'achat est en baisse, du coup les ventes aussi. Et quand on ne vend pas, on n'investit moins. Forcément. Alors bien sûr, je galère. Et moi, quand je galère, j'ai du mal, une fâcheuse tendance à perdre ma motivation. Je frôle le taux d'absentéisme limite.
Et à part ça, me direz-vous?
Bah oui, travailler pour vivre, d'accord, mais arrêtons de vivre pour travailler. Faudrait essayer de ne pas devenir trop con, pour l'avenir.
Alors à part ça, je me lance dans des paris stupides. Si je réussis à pondre un texte de la taille d'un roman d'ici le premier mars, ma chérie accepte qu'on prenne un chat. 250 pages en trois mois, c'est possible, non? Et puis un petit chat, avec de grands yeux expressifs et des poils tellement doux qui viendrait se blottir sur mes genoux le soir, pendant que B travaille, j'en ai envie depuis des mois, alors ça vaut le coup.
Pari d'arrêter de fumer, aussi. Lancé à moi-même, cette fois-ci. Dans le silence des longues conversations que je tiens tout au fond de ma petite tête. Alors d'ici à 2009, vraiment, je voudrai mettre cette putain de dépendance au placard. Je hais la dépendance, c'est dingue.
D'ailleurs, quitte à être désespérément hors sujet et à virer d'un coup plus sérieuse, il y a cette phrase qui m'a marquée, tout à l'heure. Dans L World (Que voulez-vous, on ne se refait pas. Une série sur les filles, bien sûr. Qui peut proposer plus banal?) Dans L World, donc, il y a eu cette fraction de seconde où quelqu'une disait à quelqu'une d'autre que la dépendance pouvait parfois pousser à la distance. Qu'à force de se fondre, de se confondre dans l'autre, on s'en éloignait. Maintenant que j'y pense, c'était le psy de Bette et Tina. Qui d'autre qu'un psy ou moi pourrait avoir des pensées aussi tordues, d'ailleurs? Bref, j'ai trouvé ça très perspicace, très adapté. Après tout, n'ais-je pas moi-même tendance à essayer de prendre un peu mes distances vis-à-vis de B. lorsque je sens que je ne peux plus me passer d'elle.
Ne me prenez pas au mot, quand je parle de prendre mes distances, c'est simplement de rester à 1m d'elle plutôt que dans ses bras, ou de ne pas l'embrasser pendant au moins 5 longues minutes. C'est plutôt intérieur, comme si instinctivement j'essayais de me trouver des excuses, des raisons de ne pas m'attacher à ce point à elle sans forcément y parvenir, comme si cette dépendance que je sais réelle, par moments, me poussait à essayer de me braquer un peu. Me prouver à moi-même, même à tort, que si je voulais, je pourrais vivre sans elle.
Vous êtes toujours là?
Pauvrettes qui essayez vainement de suivre mes tergiversations inutiles, entre les mots pour ne rien dire et les pensées décousues. Promis, dès demain j'essaie de parler de choses utiles et censées. La crise économique? Les séries télé stupides mais ô combien croustillantes (D'ailleurs, ma chérie m'a fait découvrir hier ce truc... euh... "californication", je pense. A consommer sans modération.)
Bref, j'arrête ici votre supplice et vous laisse libre de vaquer à vos occupations. Et à vous qui êtes qui avez réussi à lire jusqu'ici, j'hésite entre les "félicitations" et les "sincères condoléances". C'est vrai, au fond, faut-il simplement être courageux ou complètement taré pour lire tout ça? J'hésite...
A bientôt...
PS; Pour les coups de gueule, les remarques désobligeantes et les gros mots, adressez-vous directement à Ecilora. Après tout, c'est sa faute à elle si j'ai écrit ce soir. Pour ne rien dire.